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Chers collègues

Depuis quelques mois, j'ai pris en charge la rédaction de Neurochirurgie, remplaçant le Professeur Marc Tadié. Et un grand merci à lui pour avoir assuré ce travail et tout fait pour que se maintiennent le niveau scientifique et la diffusion de cette revue.

Cette revue, organe privilégié pour l'expression des neurochirurgiens de langue française s'il était besoin de le rappeler, est la vôtre.

Neurochirurgie subit de plein fouet la crise qui touche tous les organes de la presse écrite, y compris la presse non médicale, et subit comme cette dernière la concurrence active des revues médicales de langue anglaise et américaine: Il faut bien être conscient, comme le rappelait récemment le Pr Sindou, président de la SNCLF, que l'intérêt scientifique d'opinions multiples, et venant d'horizons divers s'efface devant l'aspect purement commercial du nombre de numéros vendus. Le nombre d'abonnements à Neurochirurgie est passé de 786 en 2003 à 383 en 2005. Ceci a évidemment un effet direct sur l'impact factor, incitant peu les jeunes collègues impliqués dans la course aux concours à adresser leurs publications les plus intéressantes à Neurochirurgie, ce qui en diminue l'intérêt et fait entrer la revue dans une spirale descendante qui la fragilise de façon croissante. Certes le CNU valorise l'impact factor de Neurochirurgie, mais cette démarche ne concerne que lui, et non les conseils scientifiques de nos universités qui demandent un total de 80 aux agrégatifs.

La situation de la revue peut donc être considérée comme préoccupante, et son soutien repose avant tout sur la volonté des neurochirurgiens francophones de la voir se pérenniser.

Un certain nombre de solutions a été envisagé pour augmenter l'attractivité de la revue:

Les rapports annuels faisant une étude actualisée autant qu'exhaustive d'un sujet restent la vitrine de la revue. Malheureusement, leur diffusion reste trop limitée, et plusieurs pistes sont envisagées pour leur publication en langue anglaise, et leur mise sur site, soumise à certaines conditions. Le nombre de ces ouvrages de référence va être porté à deux par an, leur présentation ayant lieu pour l'un lors du congrès de Paris, pour l'autre lors du congrès d'été.

Les articles de haut intérêt soumis en langue anglaise sont désormais acceptés.

La généralisation de l'usage d'internet permettra de mettre sur le site un article dès qu'il sera accepté, avant même qu'il ne paraisse dans la revue, ce qui lui permet d'être référencé plus rapidement.

On ne peut que suggérer à nos jeunes collègues faisant masters (ex DEA) ou thèses de sciences de bien vouloir faire un papier original pour la revue, ce qui ne leur interdit en rien d'en faire un différent pour une revue de langue anglaise à l'impact factor plus gratifiant: La substance de leurs travaux est suffisamment riche pour que cela soit possible, et qu'ils ne destinent pas à la revue leur"sous-production". Nous comptons sur leurs maîtres pour les encourager dans cette voie. Il ne leur est évidemment pas interdit de s'abonner....

Abonner également nos collègues francophones ayant des devises faibles serait une bonne idée, et pour la revue, et pour ces mêmes collègues pour lesquels par ailleurs l'accès à internet n'est pas toujours évident.

En bref, en tant que rédacteur en chef de la revue, je ne peux que bien peu sans votre soutien et votre aide , et n'ai donc aucun scrupule à la solliciter car je considère que cela ne peut qu'oeuvrer dans l'intérêt de tous.

Merci de vos efforts passés, présents, et futurs

F.LAPIERRE Rédacteur en chef de Neurochirurgie

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